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VINITECH
BORDEAUX 28-30 NOVEMBRE 2006




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Recruter un salarié

par Thomas Gueller

La réussite d’une entreprise est directement corrélée à la compétence de son personnel dans les vignes, en cave ou en clientèle. Engager un nouveau salarié est donc déterminant pour l’avenir de celle-ci sans qu’elle ne sache toujours comment s’y prendre.

Le Mouvement des Vignerons Indépendants de France vient de réaliser un audit de la gestion du personnel en cave particulière basé sur l’analyse de 150 questionnaires et 46 entretiens individuels ; le recrutement est un des points de la vie de l’entreprise viticole étudié. “Les vignerons indépendants ne sont globalement pas performants en matière de recrutement et ils le savent”, constate Christophe Chevré, responsable de cette étude. En effet, les deux enquêtes ont montré que le recrutement restait une fonction des Ressources Humaines qui inquiétait les vignerons (80% estiment cela difficile) et qu’ils ne maîtrisaient pas vraiment. “Comme toutes les petites entreprises, le recrutement s’effectue d’abord à l’affectif et privilégie le bouche-à-oreille. Il en résulte pour 49% des embauches, un vigneron n’a rencontré qu’un seul candidat. On peut certes arguer du manque de main d’œuvre de la profession, mais une plus grande professionnalisation de la démarche augmenterait le nombre de réponse et surtout éviterait les déboires ultérieurs”. Ceux-ci proviennent majoritairement de l’absence de définition du poste à pourvoir. Même si l’employeur à l’impression d’avoir effectué ce travail de réflexion préalable, l’étude constate que la définition de poste reste très empirique. Les attentes vis-à-vis de l’employé sont mal exprimées ou sans rapport avec l’intitulé du poste. Afin d’aider les vignerons dans leur démarche, l’Anfovi (Association Nationale de Formation des Vignerons Indépendants) a mis en ligne en janvier un site Internet (www.anfovi.com) où seront précisées les bonnes pratiques en termes de gestion du personnel et en premier lieu en termes de recrutement. “Ce sont avant tout des mesures de bon sens pour lesquelles nous nous sommes appuyés sur des outils existants comme les conventions collectives et les fiches de métier élaborées par l’ANEFA”, explique Christophe Chevré.

Les ADEFA proposent une aide gratuite

L’Association Nationale Emploi Formation en Agriculture (ANEFA) a été créée en 1992 par les partenaires sociaux de l’agriculture, employeurs et salariés réunis, pour développer l’emploi et la formation en agriculture. Au niveau national, elle gère un site Internet (www.anefa.org) où le vigneron peut télécharger différentes fiches métiers (ouvrier viticole, ouvrier viticole professionnel, ouvrier de chai, chef de culture, maître de chai, œnologue, secrétaire vitivinicole, œnologue, directeur technique et directeur d’exploitation viticole) qui précise, pour chacun, les missions, domaines d’activités, conditions d’exercice, compétences et formations requises ainsi que les perspectives d’évolution. Le site fournit également des conseils pour mener un recrutement et propose une bourse à l’emploi. “Je conseille aux employeurs de s’orienter prioritairement vers nos 48 relais départementaux, indique Alice Berthoud, animatrice de l’AREFA Aquitaine. En effet, ceux-ci pourront leur apporter gratuitement une aide et des conseils personnalisés pour définir leur besoin et rédiger une annonce en adéquation avec celui-ci. S’ils le souhaitent, nous pouvons même effectuer une présélection des candidats. Par expérience, nous permettons de déceler les erreurs à éviter : absence de définition de poste, demande de polyvalence trop forte, recherche d’un salarié jeune et expérimenté ce qui à priori est incompatible…”

 

Où chercher des candidats

En dehors du bouche-à-oreille, les petites annonces restent le moyen le plus souvent employé pour réunir des candidatures. L’efficacité et la rentabilité d'une annonce dans la presse dépendent du support choisi. La presse nationale n’a d’intérêt que pour une recherche très générale. Si le poste requiert des compétences très particulières, on peut envisager la presse professionnelle en privilégiant les supports disponibles en kiosque et à un prix abordable. Quant à la presse locale, il est utile de regarder les annonces qui y paraissent et de repérer les bons jours de parution. La presse est néanmoins bousculée par l’arrivée d’Internet. “Tous secteurs professionnels confondus, les annonces presse ne représentent plus que 20% du marché et même celles qui paraissent dans la presse sont aujourd’hui relayées sur Internet, constate Francis Michel, fondateur de GF Michel Conseil, cabinet de recrutement spécialisé dans les vins et spiritueux. 40% des annonces ne passent plus que par Internet et 40% passent par le « circuit caché », c’est-à-dire par bouche-à-oreille ou démarchage direct”. Pour répondre à cette évolution, quelques sites comme vitijob.com et vinea-recrutement.com se sont spécialisés dans le secteur vinicole. “Nous avons noué un partenariat avec Vitijob car ce dernier nous permet de cibler le cœur de notre cible, reconnaît Nicole Parich, responsable développement vins et spiritueux de Florian Mantione Institut. Ce site est un véritable gain de temps dans la mesure où nous gérons toutes les candidatures, même celles publiées dans la presse, par Internet. Le candidat a directement accès à la fiche détaillée du poste à pourvoir et peut déposer sa candidature en ligne”. Si l’avantage de la rapidité de réponse par le canal d’Internet n’a que peu de sens pour une démarche de recrutement toujours assez longue, ce média permet à la fois de se recentrer sur une cible précise et d’élargir géographiquement la recherche de candidature. Enfin, on ne peut pas faire l’impasse sur les associations d’anciens élèves de formations vitivinicoles qui relaient auprès de leurs membres les offres d’emploi. Le moyen le plus aisé de les contacter consiste à prendre contact avec l’école qui mettra directement l’annonce en ligne ou la transmettra aux responsables de l’association. Ce relais est généralement gratuit alors qu’il faut compter de 60 à 70 euros pour une annonce sur un site spécialisé.

 

Un bon recrutement ne se limitera pas au choix d’un candidat. Il semble essentiel d’anticiper l’intégration du nouveau salarié. “Le système tutorat est encore trop peu utilisé par les vignerons, moins d’un quart des réponses dans notre étude, analyse Christophe Chevré. Il présente pourtant le double avantage de valoriser le tuteur en le responsabilisant et de fournir au nouvel employé un référent auquel adresser ses questions. Pourtant tout le monde est conscient de la différence entre dire à celui-ci « va tailler » et dire au tuteur « tu l’emmène tailler et tu lui explique ». En management, il ne faut pas faire l’économie de la parole”.

 

Le cas de l’Aquitaine

Lors du dernier Vinitech, Alice Berthoud, animatrice de l’AREFA Aquitaine, a présenté la dernière étude sur l'emploi salarié agricole de la région. La viticulture y emploie 63 097 personnes (46% des salariés agricoles) dont 18 001 en temps partiel, répartis dans 5 304 entreprises soit une moyenne de 12 salariés par entreprise. Les emplois sont majoritairement masculins (54%) et saisonniers (72%). “On note deux évolutions fortes : la progression constante de l'emploi salarié, 1 % d'augmentation par an depuis sept ans, et, en viticulture, l’essor des groupements d’employeurs dont le nombre a été multiplié par trois en neuf ans. Le phénomène le plus inquiétant concerne le vieillissement de la masse salariale agricole enregistré depuis 1998. Il faut impérativement accompagner le développement de l’emploi salarié afin de limiter les difficultés de recrutement à venir, notamment en améliorant l'image des métiers agricoles, en répondant au mieux aux problématiques de main d'oeuvre telles que le logement ou encore en participant à la promotion des groupements d'employeurs”.

 

  

La filière s’autoalimente

Titulaire d’un DESS de management touristique et hôtelier, Virginie Diaz recherche depuis quelques mois un emploi dans l’œnotourisme en Gironde.

“J’ai déposé mon curriculum vitae sur tous les sites Internet que je consulte régulièrement tout comme les petites annonces du journal Sud-Ouest, mais pour l’instant, les seuls entretiens que j’ai obtenus sont dus au bouche-à-oreille. C’est pourquoi, j’essaie de développer mon relationnel, par exemple, en travaillant comme hôtesse d’accueil sur le salon Vinitech. Globalement, j’ai l’impression que la filière vinicole embauche relativement peu et lorsque c’est le cas privilégie des profils viticoles. Il y a en quelque sorte un phénomène de cooptation familial et professionnel qui exclut l’apport d’expériences extérieures. Mon expérience dans l’hôtellerie de luxe et l’évènementiel à Paris éveille peu d’écho chez les professionnels du vin alors que je crois sincèrement que la variété des profils est enrichissante pour une entreprise”.

 

 

Sites Internet d’offres d’emploi

www.anpe.fr

www.apecita.com

www.anefa.org

www.anfovi.com

www.vitijob.com

www.vinea-recrutement.com

www.gfmichelconseil.com

www.florianmantione.com

www.commerciaux.fr

www.monster.com