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VINITECH
BORDEAUX 28-30 NOVEMBRE 2006




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Tendances et nouveautés

A/ Terre et Culture
B/ Savoir-faire et vins
C/ Orientations Marchés

 

A/ TERRE ET CULTURE

Par Pierre JACQUET, Conseiller technologique honoraire du Salon.

On note des nouveautés parmi les matériels automoteurs interlignes et enjambeurs : de nouvelles gammes de tracteurs interlignes sont mises sur le marché en vue de satisfaire les viticulteurs les plus exigeants pour vignobles plantés étroits. Ces matériels, dont les largeurs hors tout sont de l’ordre de 1m à 1,25 m., possèdent des circuits hydrauliques ayant différents packs (diviseurs de débit, commande mécanique ou électromécanique) avec débit d’huile important (ARGO-France-LANDINI, types REX et REX VS ; Mc CORMICK, types V et F-N). Le confort et la sécurité sont encore améliorés. Les matériels enjambeurs sont plus précisément spécialisés vers le travail du sol et les traitements de la vigne (VERMANDE SA) : ainsi pour le travail du sol (avec divers outils), le moteur dans le rang et la cabine reportée à l’arrière permettent d’avoir une grande visibilité sur les outils.
Pour l’application des produits phytosanitaires, divers exposants affichent le souci de non pollution de l’environnement et d’utilisation optimale des produits. Un constructeur (PULVERISATION 21) annonce de nouvelles séries de matériels dans différentes conceptions : aéroconvection pour pulvériser étage par étage, série avec triple turbine, pneumatique avec pendillards et sorties d’air orientales, et version tunnel pour récupérer les embruns chimiques. VERMANDE SA annonce également un appareil multiturbine sur chassis enjambeur, pour assurer une meilleure répartition des produits.
Autres particularités : d’une part (AVIDORHIGHTECH), il s’agit d’un appareil qui commande le traitement sélectif des plantes (vigne, herbes) pour n’effectuer que le traitement de celles-ci ; chaque action est mémorisée et liée à un positionnement GPS pour cartographier les actions. D’autre part, avec le même souci d’appliquer les doses d’herbicides par traitement localisé, VITAREA (Trophée d’Argent) propose un ensemble d’outils (matériels et logiciels) afin de traiter seulement les zones infestées.
Le travail « en vert » n’échappe pas aux recherches pour plus de performances, et moins de main-d’œuvre : les rogneuses « Elite » de ERO ont des barres de coupes horizontales et verticales inclinables hydrauliquement et en continu si nécessaire, avec systèmes indépendants de sécurité d’effacement. TORDABLE réalise mécaniquement trois opérations en un seul passage procurant en outre, ultérieurement, un gain du temps de taille. LEBEC présente un système de liage plus rapide et automatique, tandis que SPIRO offre des écarteurs de fils permettant de maintenir les fils releveurs sur le piquet à n’importe quelle hauteur. FAYOT INDUSTRIE propose un système de fixation des fils releveurs sur piquets conçus pour diverses fonctions.
Le travail en pépinière est l’objet de recherches de la part de WAGNER par une rationalisation du travail.
Trois fabricants annoncent des nouveautés concernant l’établissement des plantations : SOUSLIKOFF avec une tarière enfonce-pieux offrant une grande précision de travail (réglages), GRIPPLE, avec des tendeurs-rabouteurs plus résistants à l’usure parce qu’en céramique et FENOX avec des barrettes de tête pour accrocher les fils releveurs.
Enfin, plus proche des vendanges, AVIDORHIGHTECH avec leur IDVI indicator propose de mesurer la vigueur de la vigne, afin de piloter les débits des appareils (engrais, traitements) en fonction de cette vigueur.
En matière de récolte, à la suite de quelques précédents promoteurs, les tendances se confirment vers l’amélioration des manutentions et la protection de la qualité intrinsèque de la vendange : conduire la vendange à la cave soit dans des remorques de faible profondeur avec vidage par fond vibrant et lavage aisé (STHIK), soit regrouper les cagettes sur de palettes de dimensions spécifiques pour manutention mécanique à la vigne ou à la cave (ALLBERT et ALS), soit transporter la vendange dans des conteneurs isothermes avec température inférieure à zéro (SEAPLASRT IBERIA SA).

B/ SAVOIR-FAIRE ET VINS

Par Bernard HEBRARD, Œnologue – Conseiller technologique VINITECH

En cette période de crise viticole, beaucoup de producteurs commencent à réaliser que seuls les meilleurs vins pourront trouver acquéreurs à un prix raisonnable. A VINITECH, les fournisseurs de la filière continuent à proposer des outils pouvant les aider dans ce sens.

Quelques exemples :

- Dans le domaine du tri de la vendange : STHIK propose une benne à bec vibrant (sans vis ni pompe) avec récupération des jus, permettant d’alimenter progressivement table de tri, égrappoir ou pressoir.
VAUCHER-BEGUET avec la ligne MISTRAL 140, ou SOCMA avec VINICLEAN, proposent des systèmes de tri automatique efficaces.
- A côté des grosses installations de thermovinification, type FLASH-DÉTENTE, on trouve des appareils polyvalents (chaud, froid, baies, jus). L’important groupe CESBRON présente des tunnels et des échangeurs intéressants.
- Pour vinifier en cuve à chapeau flottant (garde vin), AMOS et SPEIDEL proposent une fermeture supérieure avec système de pigeage amovible.
- GD INDUSTRIE présente une cuve en deux parties, la supérieure permettant toutes les opérations de vinification (remontages, aérations, fragmentation du marc et notamment un épépinage en partie basse) et l’inférieure servant aux délestages, écoulages, stockages.
- Dans les petites capacités, on trouve des propositions originales comme la « MC 253 » de NOMBLOT SAS (cuve en béton en forme d’œuf vertical) ou le ROLL FERMENTOR de VERNOU Tonnellerie (petit foudre basculant et déplaçable, intéressant pour des micro vinifications de super sélections).
- Pour le boisage des vins, à côté des copeaux de chêne, on trouve des systèmes de fixation de staves (fines planchettes) dans les cuves. Par exemple le « MECANOAK » de VERNOU Tonnellerie ou le « OAK- STORE » d’AROMA SARL.
- En ce qui concerne les pressurages, on note un retour aux pressoirs verticaux, par exemple la presse hydraulique « BUCKET » de COQUARD.
- Dans le domaine des contrôles et commandes d’opérations de vinifications (températures, remontages, micro oxygénation) on va vers des simplifications de programmation et de câblage (exemples : SA en 5000 de PARSAC, PXG WINE de FUJI ELECTRIC ou WMA de WTG) et même vers le « sans fil » proposé par LAMOUROUX SAS.
- Pour les contrôles analytiques « in situ », SCAN2A présente le VINISCAN, analyseur multiparamètres à électrodes jetables pour l’acide malique, l’acide lactique et l’éthanol. PREDEL propose un kit de détection des Brettanomyces et goûts phénolés dans les vins.
- Dans le secteur des produits œnologiques on note plusieurs avancées importantes. On note, pour la protection des levures, « NATSTEP » de LALLEMAND SAS. MARTIN VIALATTE présente « LYSOCLUB », un logiciel d’aide à l’utilisation du Bactolyse LYSOWINE (agent de conservation antibactéries lactiques).Cette même firme, associée à SOFRALAB, propose une alternative aux colles d’origine animale, avec des colles à base de protéines végétales (blé, pois). Enfin dans la lutte contre les dépôts tartriques, qui nuisent beaucoup à la présentation des vins, LAFFORT ŒNOLOGIE propose « MANNOSTAB », mannoprotéine d’origine levurienne.
- Pour le pilotage automatique de la MICRO OXYGÉNATION, SFERIS et OENODEV ont mis au point un système de mesure en continu, à l’aide de sondes LDO basées sur le principe de la luminescence, pouvant piloter de 6 à 60 cuves.
- Pour la filtration, LA LITTORALE propose une alternative aux terres d’infusoire, avec la gamme CELLUFLUXX, adjuvant 100% cellulose.
- Dans le contexte de lutte antialcoolique, on voit apparaître des équipements de désalcoolisation des vins, tel le « DEAL C 2000 » de VELO SPA.
- L’élevage des vins en barriques est toujours délicat. Les écarts de température, les écarts d’hygrométrie, le confinement, l’hétérogénéité selon l’emplacement sont à craindre. Le groupe CESBRON propose un ensemble d’équipements « climatisation haute hygrométrie » permettant de maîtriser tous ces paramètres (température, hygrométrie, débits d’air).
- Le nettoyage des barriques est toujours délicat. On trouve des propositions dans ce domaine. Par exemple ACI Laboratoires avec son nettoyeur et désinfectant recyclable 10 à 12 fois permettant d’économiser l’eau.
- Ceux qui travaillent dans les caves et transvasent les vins apprécieront les systèmes présentés par ELECTROVIN tels VARIOCOM (commande à distance d’une pompe : sens et débit) ou VINALARM-COMBI (détecteur de niveau permettant de commander une pompe à distance).
- Les installateurs seront intéressés par la « vanne à commande pneumatique » de ASCO JOUCOMATIC, concept modulaire « zéro soudure ».
- Enfin le problème du traitement des effluents vinaires est toujours d’actualité. On peut citer VITIMAX d’AGRO ENVIRONNEMENT permettant de traiter alternativement les effluents viticoles et les effluents vinicoles avec la même installation.

Il ne s’agit ici que de quelques exemples intéressants parmi ceux qui seront présentés à VINITECH 2006. Il n’est pas inutile de rappeler aussi le rôle de la presse spécialisée dans la diffusion des techniques et équipements utiles à la vinification et à l’élevage des vins.

 

C/ ORIENTATIONS MARCHÉS

C.1 / EMBOUTEILLAGE ET CONDITIONNEMENT

Par Patrick VANDEVELDE, CETIE (Centre Technique International de l’Embouteillage.

La garantie de la qualité de l’opération d’embouteillage et de la préservation du vin restent les principaux axes de développement et d’innovation dans le secteur embouteillage et conditionnement.
Cela se traduit par la poursuite de développement concernant la maîtrise de l’oxygène dans le col de la bouteille lors de l’opération de bouchage mais aussi de nouvelles configurations de lignes d’embouteillage proposant des cinématiques séquentielles, des mouvements linéaires, un travail par rangées, une amélioration du rinçage et de l’égouttage, une réduction du bruit.

• Système AROL de désoxygénation du dégarni du col de la bouteille avant bouchage liège, matériel adapté aux exigences de régularité et de conservation des produits (trophée d’argent Vinitech 2006).

• Unité de rinçage, égouttage, remplissage et bouchage MICHAEL PAETZOLD, assurant un transport vertical et sans choc des bouteilles. Associée à un système de palettisation vertical des bouteilles pleines, elle permet d’obtenir un temps de retour élastique du bouchon à volonté (trophée de bronze Vinitech 2006).

• Groupe monobloc compact GALAXY de COSTRAL, dont la construction et le cycle du bloc de rinçage « en rectangle » autorise l’utilisation de deux produits de rinçage lors du même cycle (citation Vinitech 2006).

Les efforts des bouchonniers se sont poursuivis pour améliorer les technologies de bouchage visant à éliminer les goûts de bouchon : traitement du liège, bouchons synthétiques et capsules à vis.
Après le Bag in Box®, le Bag in Tube®, d’un visuel plus attractif et également personnalisable, est maintenant disponible. Cet emballage a obtenu une citation Vinitech 2006.
On retrouve dans ces dossiers la préoccupation de mettre sur le marché des produits sûrs et sains, mais aussi d’offrir des alternatives de solutions tout en prévenant la sécurité du consommateur final.

 

C.2 / EQUIPEMENTS ET SERVICES

Par Gilbert Grenier, Professeur à l’ENITA de Bordeaux

A l'occasion de l'édition 2006 de Vinitech, on ne note pas l'apparition d'innovation majeure en matière d'informatique mais la confirmation des tendances déjà observées lors des précédentes éditions.
La première tendance observée concerne l'utilisation d'outils nomades comme les PDA (la version la plus utilisée étant connue sous le nom de Pocket PC). Ces outils légers, qui ont été souvent assimilés à des gadgets, permettent de disposer sur le terrain d'une "extension" de l'ordinateur de bureau.
De façon générale, ces outils permettent tous la consultation de données déjà enregistrées sur l'ordinateur de gestion, ainsi que la saisie de nouvelles informations. Les différences apparaissent au niveau des utilisations qui sont faites de ces outils.
Si ces outils sont équipés de moyens de communication (liaison sans fil de type Wifi, modem téléphone de type GPRS…), ils peuvent permettre une communication directe et immédiate avec l'ordinateur de gestion. Ainsi un pocket PC peut devenir une console mobile de programmation et de suivi des vinifications (Lamouroux), ou permettre de passer directement des commandes depuis un salon professionnel (ISAGRI).
Associés à un récepteur GPS, ces outils vont permettre de faire des notations directement dans la parcelle, cette parcelle étant repérée grâce au GPS et représentée à l'écran (Digitéca, Géodasea, Vitarea). Les notations ainsi que les consultations sont facilitées par la possibilité de représenter graphiquement le parcellaire viticole.
Il est même possible d'utiliser simultanément plusieurs Pockets PC, de partager et d'enrichir la même base de données (Géodasea, Neotic).
Il y a encore peu de temps, le concept de Viticulture de Précision semblait promis à un développement important. La tendance reste à une apparition "sur la pointe des pieds" de ce concept. Les produits proposés sont encore très peu nombreux, ils concernent l'optimisation des traitements phytosanitaires et la possibilité d'enregistrer automatiquement le travail effectué dans la parcelle (Avidor-Satplan-Vitarea).
En ce qui concerne le chai, la tendance est à l'utilisation de solutions d'informatique industrielle déjà largement éprouvées dans l'industrie, comme les automates programmables, les réseaux informatiques multiplexés… (Parsec, WTG).
Ces solutions permettent d'une part de proposer des fonctions de supervision plus complètes (surveillance simultanée de différents dispositifs comme la ventilation, la régulation des températures, la micro-oxygénation...), et d'autre part de limiter les coûts de câblage et d'évolution des l'installation par la réduction du nombre de câbles électriques (1 seul câble à 2 conducteurs électriques, câble qui relie touts les modules de pilotage disposés sur les différentes cuves).
La dernière tendance, qui est certainement la plus importante, concerne les logiciels et les services Web. Depuis plusieurs années, les éditeurs de solutions informatiques proposent aux différents acteurs économiques de la filière (viticulteurs, coopératives, négociants…) des outils leur permettant de gérer les aspects techniques liés à la production, aussi bien que les aspects commerciaux et de gestion du personnel.
Sont venus se greffer à ces besoins, des besoins de type réglementaire comme la traçabilité. Ces besoins réglementaires prennent de plus en plus d'ampleur et orientent les évolutions des solutions informatiques proposées par les éditeurs.
Mais les besoins ne sont plus seulement de "stocker" de l'information pour répondre à des enjeux de type traçabilité (ces besoins sont évidemment toujours présents). Il s'agit aussi de donner de la valeur ajoutée à ces informations en termes de pilotage, d'aide à la décision, de maîtrise des productions et de réduction des coûts, de raisonnement des pratiques… Il s'agit de tirer bénéfices des expériences passées, des conseils formulés par des experts…
Tout ceci conduit à l'élaboration de véritables systèmes d'informations viti-vinicoles. Un enjeu majeur devient donc l'échange et le partage d'information entre acteurs de la filière, autant pour des enjeux de traçabilité (transfert de données du viticulteur vers ses partenaires) que de restitution de conseil et de valorisation de ces informations par ces partenaires vers les viticulteurs.
Les outils informatiques évoluent donc en ce sens de partage et d'échange d'informations. Pour le moment, ces possibilités d'échange et de partage sont limitées par le fait que les solutions informatiques ont été conçues de façon indépendante.
Une action de standardisation des données utilisées en viticulture est en cours. Cette action est conduite par Agro-EDI-Europe qui a déjà réalisé, avec la participation des principaux éditeurs de logiciels, une action similaire dans le secteur des grandes cultures.
La prochaine grande étape innovation sera "l'interopérabilité" des outils informatiques en viticulture. Sous ce terme compliqué se cache une idée simple : la possibilité d'échanger des données informatiques entre logiciels de façon automatique, sans avoir à ressaisir au clavier des données déjà saisies si on doit les transmettre à un partenaire, que ce soit du viticulteur vers une cave coopérative ou le contraire. Rendez-vous au prochain Vinitech pour en mesurer les retombées.