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VINITECH
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BORDEAUX 28-30 NOVEMBRE 2006



SOLUTIONS POUR LA VIGNE, LE VIN ET LES SPIRITUEUX
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Et avec vos suhis, vous prendrez ?

Par Thomas Gueller 

Les vielles recettes  font-elles toujours les bons plats ? Si les vins blancs étiquetés « Spécial Fruits de mer » ont fait leur temps, on assiste à un regain d’intérêt pour le concept de vins destinés à un type de plats en l’occurrence à la cuisine japonaise. Parmi les lancements en cours, deux sont emblématiques de cette tendance avec un habillage très clairement inspiré de la culture japonaise, Oroya – sushi wine de Freixenet et Haiku d’Ackerman.

Dans les deux cas, le concept a été partiellement conçu en Grande-Bretagne. “À l’origine de Haiku, il y a un consultant pour Harrod’s qui possède la double culture britannique et japonaise, explique Luc Monnereau, directeur des ventes GB. Il cherchait un vin adapté aux sushis et nous avons cherché sans a priori pour finalement nous orienter vers un vin de pays du jardin de la France avec 7 grammes de sucre résiduel. Le goût a d’ailleurs été validé par un panel de journalistes anglais et japonais ainsi que le propriétaire de Moshi-Moshi, historiquement la première chaîne de sushi-bar à Londres.” La définition d’Oroya a été effectuée en interne par Freixenet qui a engagé pour cela une œnologue japonaise, Yoko Sato, mais le packaging a été conçu par une agence de design anglaise.

Lancé en début d’année 2004 en bouteilles 75 et 25 cl, Haiku n’a, à ce jour, pas dépassé les 10 000 cols commercialisés en Europe, principalement en Europe du Nord, et n’est toujours pas commercialisé en France. Oroya débute depuis quelques mois sa commercialisation sur le marché français. “Le concept fonctionne très bien en Italie où les consommateurs sont sensibles à l’esthétisme du packaging, annonce Anne Lubert, chef de produit. Le lancement en France a pris du retard car nous le destinons au circuit traditionnel et Yvon Mau ne possédait pas encore une grande force commerciale sur ce circuit. Avec le rapprochement entre sa force de vente et celle du champagne Abelé (également propriété de Freixenet), nous devrions pénétrer avec succès la restauration japonaise parisienne. Nous avons d’ores et déjà prévu une PLV à base de chevalets et de baguettes siglés à la marque”.

L’avenir du vin à sushis semble cependant plus à l’export qu’en France. Ainsi, une nouvelle version de Haiku va voir le jour à destination des Etats-Unis, Haiku Bridge. “Notre importateur Palm Bay Import a trouvé le concept intéressant et pense pouvoir l’implanter sur la côte ouest où se trouvent de nombreux restaurants japonais, annonce Xavier Amirault, directeur Amérique du Nord. Nous le lançons en version 75cl pour le on trade avec comme focus non pas les restaurateurs Japonais, mais les amateurs de cuisine japonaise. Il y a aux États-Unis une plus grande modestie par rapport au vin et les consommateurs n’y sont pas choqués qu’on les aide dans leurs accords mets-vins”. Le consommateur français serat-il réceptif à une approche didactique en matière d’accords mets-vins ?